Après cancer se reconstruire personnellement

Se reconstruire personnellement n’est pas une option

À l’annonce de la maladie, j’ai su que ma structure allait s’écrouler, devait s’écrouler pour mettre fin à une vie de survivante. Paniquée, j’ai poussé plusieurs portes dont celle du Jour d’après, par l’intermédiaire du M.I.S (Montpellier Institut du Sein).

Une reconversion professionnelle m’est indispensable, je ne peux pas reprendre ce que je faisais.

La proposition de travailler avec un groupe de femmes cancéreuses m’a d’abord horrifiée : le cancer comme point commun, beurk ! Cela ressemble à une réunion de plomb, de mort et de larmes. Et puis je suis méfiante, je n’aime pas trop les groupes, je ne me sens pas en état de mobilisation pour « trouver » un autre travail, le mot coach me heurte et je dois m’engager à suivre tous les ateliers : re-beurk ! Je ne sais plus où j’habite et l’engagement m’est impossible.

Je dis oui, en pensant « si je ne le sens pas, tant pis pour l’engagement, je partirai ».

Lorsque le premier atelier débute, je suis en cours de traitement, émotionnellement sans dessus-dessous car à la maladie s’ajoute un énorme cadavre familial que je viens de déterrer et qui va finir de me pulvériser. Un torrent de larmes a débordé mon corps, est passé au dessus de mes digues et de mes barrages savamment construits au fil de ma vie, a emporté ma pudeur et ma honte, a étalé ma souffrance contenue héroïquement et illusoirement, a éclaboussé les sept inconnus qui font cercle autour de moi.
Et le monde ne s’est pas écroulé. Ces inconnus m’ont accueilli, écouté sans jugement, ils m’ont fait une place.

Christophe et Esmeralda réussissent à créer un espace protégé, un espace d’écoute, d’échange, de soutien où chacune à la liberté d’être elle-même, sans filtres. Un espace sans jugement dans lequel chacune est accueillie, où chacune est amenée à mieux se connaître, se reconnaître et à faire éclore son univers.

J’ai rencontré cinq femmes très différentes et pourtant si proches. Cinq femmes vraiment très belles. Elles ont accueilli mes pleurs, mes rires, mes questions, mes mots, mes doutes, mes peurs, mes forces, mes possibles comme mes impossibles, avec une infinie douceur. Je leur en suis infiniment reconnaissante.

C’est un espace précieux et rare qui a vaincu toutes mes réticences et dans lequel j’étais de plus en plus heureuse et impatiente d’entrer.

Ce premier module m’a permis de faire émerger et de reconnaître mes vrais besoins et aspirations, de prendre conscience de ma trop grande exigence vis-à-vis de moi-même, m’a fait découvrir la force d’un groupe bienveillant et m’a apporté quelques outils pour continuer mon chemin plus centrée sur mes besoins.

Je signe des deux mains pour entamer le deuxième module, en groupe.

Catherine

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